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Poissons d'avril

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La scène s'est déroulée en mars 2004. J'avais été invité par un ami à un salaisage dans ses marais, derrière Jard. J'avoue que je ne savais pas très exactement de quoi il s'agissait. Enfin, si, un peu, j'avais quand même compris que l'on allait pêcher des anguilles. Il faut avoir vu cela une fois dans sa vie. Si vous ne connaissez pas ce genre de pêche, traditionelle dans le coin, je vous raconte, ne quittez pas ( j'avais déjà rédigé un article à ce sujet dans mon vieux site "au fil de mes balades", il y aura davantage d'images cette fois-ci ) ...
 undefined Dès le début de la matinée, les invités arrivent par petits groupes. Il en vient de tous les côtés. Ils marchent en file indienne, chacun cheminant dans les traces du précédent. La très longue perche qu'ils portent, pour la plupart sur l'épaule, les fait ressembler à des jouteurs entrant en lice pour un tournoi moyenâgeux. Mais le seau qu'ils ont à la main ne colle pas tout à fait avec les images des preux chevaliers d'antan. Il s'agit, en réalité, de salaiseurs, c'est à dire de pêcheurs d'anguilles. Et la longue perche, équipée d'une sorte de fourchette à une extrémité, est un salais, une arme terrible, redoutée par toutes les anguilles de l'arrondissement, voire de la région et peut être de plus loin encore. Vous avez ici une image terrifiante de ce croisement entre une fourche et un harpon. ( rien qu'à voir cet engin de mort, si j'étais anguille, je prendrais mes jambes à mon cou ) 
Il n'est pas de bon salaisage qui ne commence par un solide casse-croûte. Nos pêcheurs n'ont pas voulu faillir à la tradition et se sont donc attaqués sérieusement aux charcuteries et autres petits vins du coin ( blancs et rouges ) apportés par chacun pour être partagés entre amis salaiseurs. On mange et on boit en racontant les pêches et les chasses passées. On se risque à des pronostics sur la pêche d'aujourd'hui qui sera forcément bonne.
 undefined  Les pêcheurs se sont maintenant mis en place, alignés sur les bossettes ( les buttes de terre sur lesquelles on peut circuler ) de chaque côté de la corde ( la partie en eau dans laquelle on fait l’élevage des poissons ). Vous remarquerez au passage qu'il n'y a pratiquement plus d'eau dans ces petits canaux. En effet on profite des mortes eaux de la fin de l'hiver ( en février et mars ) pour vider les parties de marais que l’on va entretenir et dans lesquelles on veut salaiser. Chacun a son salais bien en main et enfourche l'eau de la corde profondément, espérant harponner une anguille cachée au fond de la vase. On pique tout à fait au hasard, mais systématiquement partout. Les pauvres anguilles ont fort peu de chance d’échapper à cette fouille en règle. Ah ! Un pêcheur vient d’en sortir une qui s’enroule et s’agite désespérément au bout de son salais. Ça intéresse beaucoup les chiens.
 undefined Il faut maintenant la décrocher et la mettre dans le seau où elle ira rejoindre ses congénères sorties de l'eau précédemment. Alors, là, je ne vous raconte pas. Allez, je vous raconte quand même. Les âmes sensibles ont intérêt à passer à un autre chapitre. C'est dans le même genre qu'à la pêche à la ligne pour décrocher l'hameçon, mais en plus difficile et plus horrible. Il vous suffit de regarder attentivement la forme des pointes du salais pour imaginer la chose. Il y a plusieurs techniques. On plante le salais avec l’anguille dans le sol. On appuie sa botte, droite ou gauche, sur la pauvre bête clouée dans l’herbe. On tire d’un coup sec le salais vers le haut. L’anguille déchirée reste dans l’herbe, mais elle est encore capable de se sauver. On la ramasse avec la sac de jute pour la mettre dans le seau. Il est aussi possible de décrocher l’anguille à la main en se protégeant avec le sac. C'est encore plus délicat. 

Après avoir assité à ce salaisage, je puis vous assurer que je ne voudrais pas être une anguille. Mais il paraît que les gourmets apprécient. Alors ... Bon appétit.
Les photos de cette page ont été prises le 27 mars 2004

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